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Le confinement a presque tout mis sur pause sauf… la grossophobie !

“Moi avant, moi après un mois de confinement…” C’est à ce moment là, à cet instant précis, que la grossophobie commence ou plutôt perdure. Pendant que l’on compte nos morts, certains comptent les kilos sur la balance. C’est d’un grotesque !

Alors qu’il manque des places dans les services de réanimation dans les hôpitaux, certain-e-s se la joue apprenti-e-s diététicien-ne-s . Alors qu’il manque des masques, et que les uns et les autres se les piquent (américains, français…) les êtres humains regardent les charriots de courses des voisins. Alors que le personnel soignant est en sous-effectif, il faudrait qu’on ne tombe pas en sur-poids.

Au Québec, une femme sur 6 et un homme sur 5 est obèse selon une étude de l‘Inspq datant de 2015/2016. Ces données restent inchangées depuis. Cela veut dire, qu’en se moquant, comme le font les réseaux sociaux, les gens se moquent d’au moins une personne de leur entourage. De façon abjecte et délibéré. Sans considération. Sans se remettre en question.

Les réseaux grossophobiques

On peut dire que cette crise sanitaire aura mis en arrêt les vies sociales, les activités professionnelles, les activités extra-professionnelles, les habitudes extérieures de vie et l’économie mondiale. Rien que ça ! Cependant, cette pandémie du Covid-19 n’aura, apparemment, pas mis fin aux dictats de la société. Et dès les premiers jours du confinement les réseaux sociaux ont été inondés de posts et commentaires grossophobes.

Les réseaux sociaux sont en fait une grande cours de récréation, où des enfants terribles et débiles, se payent la tête de leurs camarades de classe au ventre bedonnant et font des blagues cinglantes et traumatisantes pour faire rire toute la classe. C’est d’un puéril. C’est de la grossophobie !

Ne parlons pas des magazines féminins avec leurs titres accrocheurs : “Comment ne pas prendre 10 kilos durant le confinement ?” ou encore “Yogi, coach perso, tous donnent des cours en ligne”. Donc l’obésité, la prise de poids et le surpoids sont dus au manque d’activité, à la mal bouffe, et à la négligence. Mathématiquement, si on en croit les personnes bien pensantes, gros = feignant + gourmand. Donc le confinement serait un vecteur à la flemme et donc à grossir.

Illustration street artiste @C0vc0 – Grossophobie boucherie

Manque d’éducation 

Pire encore, on assimile la prise de poids à un échec du confinement, à un laisser aller et donc à un échec social. Une personne obèse, ou en surpoids est considérée comme une personne qui a échoué. Échoué contre son rapport à la nourriture. Échoué contre sa motivation à faire de l’activité physique. Échoué moralement à se prendre en main. Et donc une personne qui n’aurait pas assez de volonté pour s’élever et réussir socialement. Car cette personne ne rentre pas dans les cases élaborées par messieurs-dames les bien pensants.

Et donc, ces mêmes personnes veulent transmettre le virus de la grossophobie. Attention, si vous ne faites pas de sport, si vous ne faites pas attention à votre alimentation durant le confinement (car vous ne pouvez plus vous abrutir en poussant de la fonte), vous allez devenir des parias de la société en quelques semaines. Hou, honte à vous !

De plus, une personne en surpoids serait, selon le corps médical, en mauvaise santé. Bien plus qu’une personne mince ? Et bien non, une fois encore, ceci n’est pas vrai, tout dépend de chaque être humain, il n’y a pas de généralité, ceci est subjectif. La bonne santé de quelqu’un ne réside pas au balayage du regard partial et partiel de la société sur le physique de quelqu’un.

Tout ceci s’appelle un manque d’éducation, voici de quoi vous ouvrir l’esprit. Les autres causes de l’obésité :

  • les causes génétiques / hérédité
  • les causes métaboliques
  • les causes psychologiques
  • les causes médicales
  • le manque de sommeil
  • les médicaments

” Mourir en étant stupide, pourvu que l’on reste mince ! “

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Rachel Otnip
Rachel Otnip c'est une vagabonde qui oscille entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Passionnée par l'écriture, les voyages et les êtres humains, elle aime partager ses nouvelles découvertes artistiques. Effectuant sa crise de la trentaine, elle tient également une chronique dans laquelle elle vous fera rire, sourire et peut-être même réfléchir dans Fucking 30's.